漢
KVT
Blog

Comment utiliser KVT : le guide complet

La plupart des applications de japonais te demandent de choisir un parcours au premier écran, puis te laissent avancer dedans jusqu'à la fin. KVT part d'un constat différent : la plupart des gens qui apprennent le japonais ne suivent pas un programme. Ils suivent celui de leur cours, avec un examen en ligne de mire, et parfois une liste personnelle de mots croisés dans un manga ou une série. Ces trois choses ne se rangent pas dans la même case.

Ce guide décrit comment l'application est organisée, et surtout pourquoi elle l'est ainsi. Savoir ce qu'un outil refuse de faire est souvent plus utile que de savoir tout ce qu'il fait.

Le principe : le kanji d'abord, le mot ensuite

Une liste de vocabulaire classique est plate. 学校 (がっこう, l'école), 学生 (がくせい, l'étudiant), 大学 (だいがく, l'université) y figurent comme trois entrées séparées, à mémoriser trois fois. Pourtant elles partagent 学, et ce caractère porte à lui seul l'idée d'étude. Qui le connaît devine la moitié du sens des trois mots avant même de les avoir appris.

KVT regroupe donc le vocabulaire autour des kanji qui le composent. Chaque semaine de contenu part d'un ensemble de caractères, et chaque caractère arrive accompagné des mots qui l'emploient. On n'apprend pas trente mots isolés : on apprend huit caractères, et les trente mots viennent avec.

Ce n'est pas une théorie de l'apprentissage, c'est une observation banale : au-delà de quelques centaines de mots, la mémoire ne retient plus des formes séparées. Elle retient des liens. Le kanji est le lien qui existe déjà dans la langue — autant s'en servir.

Deux pistes qui ne se mélangent pas

La section Cursus suit le découpage réel d'une licence, semaine par semaine, du semestre débutant jusqu'aux semestres avancés. Ce qui y figure en semaine 3 est ce qu'un étudiant voit en semaine 3 : ni plus tôt, ni plus tard. C'est ce qui permet de réviser avant un contrôle plutôt qu'après.

La section JLPT propose un parcours indépendant par niveau — N5, N4 et N3 aujourd'hui. Elle ne suit aucun cours : elle suit la liste officielle de l'examen, découpée en semaines de taille raisonnable.

Les deux ne sont volontairement pas fusionnées. Un semestre universitaire est construit autour de situations (se présenter, décrire sa journée) ; le JLPT est construit autour de seuils. Mélanger les deux donnerait une liste sans logique, où l'on ne saurait plus pourquoi tel mot arrive à tel moment. Si tu veux comprendre en détail ce que chaque piste apporte et laisse dans l'angle mort, c'est l'objet de cet article-là.

Le quiz : pourquoi il ne dit pas simplement « faux »

Le quiz te demande d'écrire la lecture d'un mot en hiragana ou en katakana. Pas de choisir parmi quatre propositions : reconnaître une bonne réponse dans une liste est beaucoup plus facile que de la produire, et c'est produire qu'il faut savoir faire le jour de l'examen — ou dans une conversation.

La correction ne fonctionne pas en tout-ou-rien. Chaque réponse est comparée à la solution attendue par une mesure de ressemblance, et notée en fonction de l'écart. Écrire がっこう pour がこう ne vaut pas la même chose qu'écrire un mot complètement différent. Dans le premier cas tu as la structure et il te manque une petite tsu ; dans le second tu ne connais pas le mot.

Un système binaire mettrait les deux à zéro et t'apprendrait la même chose des deux, c'est-à-dire rien. Le barème progressif te montre à quelle distance tu es, et cette distance est exactement l'information dont tu as besoin pour corriger.

Un mode d'aide existe pour les moments de blocage : un calque fantôme affiche la réponse en transparence. L'utiliser ne coûte rien sinon les points de la question — ce qui est le but. Une aide gratuite serait utilisée tout le temps ; une aide interdite serait contournée en ouvrant un onglet à côté.

Ce que tu peux ajouter toi-même

Trois façons d'enrichir ta base, dans l'ordre de l'effort demandé.

L'import reprend une liste que tu as déjà, sous forme de texte collé, une ligne par mot. C'est le chemin le plus court si tu viens d'Anki ou d'un tableur — la procédure exacte est décrite dans le guide d'import.

La création fabrique un deck à partir de ce qui est déjà dans l'application. Tu choisis des kanji — par catégorie, par recherche, ou parmi ceux que tes résultats désignent comme mal retenus — tu les répartis sur le nombre de semaines que tu veux, et tu obtiens un deck révisable comme les autres. C'est le moyen de fabriquer une session de rattrapage ciblée sans ressaisir une seule ligne.

La saisie manuelle reste possible dans la section Vocabulaire, pour ajouter un mot croisé la veille au soir.

Partager, ou pas

Un deck que tu as constitué peut être publié. Il reçoit alors une adresse publique, lisible sans compte, que tu peux envoyer à qui tu veux. Les autres peuvent l'importer, le noter, le commenter.

Publier n'a rien d'obligatoire, et deux règles encadrent ce qui l'est. Un deck doit contenir au moins cinq kanji — en dessous il encombre la liste sans rendre service à personne. Et il doit être nommé par un cursus ou un niveau, jamais par un manuel : la sélection des mots d'un chapitre et leur ordre appartiennent à son éditeur, même reformulés. Un kanji, sa lecture et son sens sont des faits que personne ne possède ; le choix de vingt mots parmi mille, si.

Le compte : ce qu'il change, et ce qu'il ne change pas

L'application fonctionne sans compte. Tes données vivent alors dans ton navigateur, sur cet appareil-là, et nulle part ailleurs. Les versions installables pour Mac et Windows fonctionnent entièrement hors connexion sur ce principe.

Un compte gratuit ajoute trois choses : la sauvegarde en ligne, donc la possibilité de reprendre sur un autre appareil ; le classement, qui compare ta progression hebdomadaire à celle des autres, par pseudo uniquement ; et la publication de decks, qui suppose une identité stable pour que ton nom apparaisse comme auteur.

Ce qu'un compte ne change pas : le contenu. Les semestres, les modules JLPT, le quiz, les statistiques sont identiques avec ou sans. Rien de pédagogique n'est derrière une inscription.

Par où commencer, concrètement

Si tu es en cours de japonais : ouvre le semestre qui correspond au tien, va à la semaine où en est ton cours, et fais le quiz. Tu sauras en quatre minutes ce qui tient et ce qui ne tient pas. Recommence deux jours plus tard sur la même semaine : c'est l'écart entre les deux essais qui compte, pas le score du premier.

Si tu prépares le JLPT sans cours : ouvre le module de ton niveau, fais la semaine 1, et tiens un rythme plutôt qu'un volume. Trois séances de dix minutes dans la semaine valent mieux qu'une séance d'une heure le dimanche, et cette phrase-là n'est pas un slogan : c'est ce que montrent tes propres statistiques au bout d'un mois.

Les deux pistes, l'import et la création sont dans KVT, gratuitement.

Ouvrir KVT